Cachés dans la dentelle — Andromède

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05.04.18 11:49
CACHÉS DANS LA DENTELLE

La ville semblait peu à peu s'effacer, laissant place à une série de bâtiments oubliés, abandonnés et de rues désertes — d'apparence seulement, puisque dans les ombres se cachait peut-être la foule. Mes pas froissaient le sol poussiéreux alors que j'avançais silencieusement. Derrière moi trainait toujours la crainte d'être suivi. J'apprenais à vivre dangereusement à chaque instant, et ce n'était pas désagréable. Au moindre bruit, mon cœur sursautait et je me préparais  à un combat... Qui ne venait pas encore.

En retrait de l'amas de ruines, il y avait un lieu étincelant. Où la peur de tomber dans la brèche s'évaporait, s'oubliait dans les caresses et les baisers d'innombrables femmes. Beaucoup étaient prêt à risquer de tomber dans les fins fonds du monde pour passer une nuit, le nez dans les parfums féminins, les mains engouffrées dans les doux tissus de leur peau. Je n'étais pas différents de ceux-là et le lieu ne m'étais pas inconnu. J'y pénétrais avec l'assurance farouche de celui qui foule sans crainte un territoire conquis — du moins le croyais-je.

Dans les lumières chaudes résonnaient les rires féminins, maîtresses de l'endroit déguisées en esclaves pour ne pas froisser l'égo des clients. A peine vêtues pour certaines, leurs yeux pétillaient, leurs lèvres brillaient dans l'attente. Semblable à de merveilleux fruits prêts à être cueillis. Je souriais en humant les odeurs gracieuse et les nymphes vinrent m'entourer pour me souhaiter la bienvenue, me faisant sentir tel un roi dans son royaume.

Mais hélas, je n'avais pas le temps de saluer convenablement les demoiselles... Qui me faisaient presque oublier la véritable raison de ma venue. Me rappelant, mon regard pétilla sous mes sourcils froncés par la détermination.


« Chères amies, je suis désolé de vous fausser compagnie, mais je voudrais discuter avec votre patronne... »

Partagées entre surprises et rires, elles me guidèrent finalement vers l'antre particulier d'une femme particulière. Celle qui restait cachée derrière les dentelles de ses filles, mais dont le nom glissait toujours entre certaines lèvres. J'imaginais, à partir des éloges qu'on m'en faisait, qu'elle serait ce genre de femme prête à changer le monde... Et possédant les finances nécessaires pour y parvenir. Car la révolution ne pouvait pas uniquement tenir les épaules fortes de quelques hommes... Il fallait que l'or soutienne nos projets.

J'entrai dans le bureau après avoir arrangé quelques peu mes cheveux et mes vêtements, pour faire belle figure.



 
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09.04.18 23:19

Près de la brèche, ce n'était que lorsque les étoiles s'allumaient, et que la Lune prenait place sur la scène, que les murmures commençaient à monter. Les allumeurs de réverbère et les bougies aux fenêtres illuminaient les pavés sales, tandis que dans cette maison, on tirait les rideaux, et les filles se préparaient, ajustaient dentelles et jarretelles, peignaient leurs bouches et leurs yeux pour plaire. Plaire à tous ceux qui viendront bientôt franchir le seuil pour se perdre dans leurs draps et leur odieux plaisir. Toi Andromède, tu n'en faisais pas partie. Même si toi aussi tu déambulais au milieu des filles, tes yeux n'étaient que légèrement ombrés, et ta robe cachait ton corps, sauf tes épaules et ton décolleté. Tu étais encore belle, tu étais encore jeune, mais tu avais dans les yeux cette lueur farouche, voire dégoûtée, qui ne plait pas aux hommes. Andromède, tu ne pouvais pas être rabaissée, surtout pas en ton propre lieu. Alors tu laissais le soin à toutes celles que tu récupérais, filles bien trop battues par la vie et la misère, de donner cette illusion de soumission, juste pour quelques heures, tant que la ville dormait, et que personne ne soupçonnait rien. Des fois, tu trônais au milieu du salon pour accueillir les visiteurs, d'autres, comme cette fin de semaine, tu t'occupais des comptes. Il fallait bien nourrir et vêtir toute cette troupe, l'argent n'était pas difficile à trouver, toutes tes filles n'auraient eu qu'à glisser la main dans les poches pour se servir, mais tu préférais être prudente. Néanmoins tu fus plutôt étonnée que Patience et ses longs cheveux roux fassent irruption dans ton petit bureau confortable, pour t'annoncer qu'un client voulait te voir. Tu haussas un sourcil, entreprit de ranger ton petit bordel sur ton bureau, abandonna la plume dans son encrier et tu permis à ton visiteur d'entrer. Aussitôt, tu le jugeas d'un regard rapide. De beaux habits, un air de conquérant et des cheveux en vrac. Un homme, de ceux qui pensent que tout leur est dû, sans aucun doute. Mais tu ne fis pas preuve de tes pensées, et l'accueillit d'un beau sourire en lui désignant un siège face à elle.
« Je vous en prie, installez-vous, que me vaut votre visite, mon cher ? »
Tu te contentas de te rasseoir juste après. Tu allais pas non plus lui offrir un thé et une de tes filles en plus de ton précieux temps.
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